dimanche 27 février 2011

Tastes like chicken

[trad: On dirait du poulet]

La vie d'un thésard est très difficile parfois. En effet, on nous sous-paye et, afin de nous dégoûter encore plus de notre salaire, on nous montre occasionnellement ce que c'est d'être pété de thune... C'est encore pire que quand on revient chez Papa et Maman de temps à autre, moment qui est déjà l'occasion pour monter d'un cran (ou deux) de niveau de vie. Par exemple, Papa et Maman achètent de la sole et des noix de Saint-Jacques quand tu achètes du pangasius (le moins cher à carrouf et c'est franchement pas mauvais !). Papa et Maman achètent des vins de table à 10 euros chez Nicolas, quand toi t'y vas que pour les grandes occazs... Et c'est d'ailleurs bien l'unique raison pour laquelle on leur téléphone encore, parce que hein...

Cet ignoble traitement -- humiliant au possible -- que nous impose notre directeur de thèse, c'est d'aller en conférence. La Nouvelle-Orleans fut ma première, un baptême de speaker donc mais aussi un baptême de grenouillage intensif, et surtout un baptême des spécialités culinaires du sud américain.

Wassup dawg?
(image from wikimedia, under GPL, author: Bignoter)

Comme c'est tout frais payés, nature humaine oblige, on se met à ne plus tolérer l'hôtel s'il n'arbore pas au moins 4 étoiles, et chaque repas doit s'accompagner au moins de son trio jazz ou d'un récital de piano classique. Sans compter l'avion, ce seront près de 1000$ (c'est à dire à peu près 2€, interdit de se moquer des monnaies faibles !) qui me seront remboursés pour 4 jours de conférence et que des tarifs de groupe. Disons qu'il y a du niveau. Mais du coup, quand on rentre à la maison, et qu'on se fait des pâtes au beurre, on déprime forcément un peu...

En quoi consiste une conférence ? En gros...
- petit-déjeuner super fat avec des gens, (tu sais pas qui c'est, limite tu t'en fous un peu, il est que 7h...)
- aller voir d'autres gens causer de choses qui t'intéressent,
- bouffer entre deux présentations parce que quand même ils ont l'air bon les ptits fours du lobby,
- en profiter pour grenouiller,
- aller voir quelqu'un qui parle de quelque chose ne t'intéresse absolument pas mais bon t'es quand même pas venu ici pour glander et si tu restes dans le lobby tu sais que tu vas finir par bouffer tous les petits fours,
- stresser pour ta présentation à toi si t'es pas encore passé,
- déjeuner avec des gens, et se gaver malgré les petits fours,
- en profiter pour grenouiller,
- aller à d'autres présentations,
- bouffer entre deux présentations parce qu'ils ont changé c'est plus des petits fours maintenant c'est des beignets et ça sent trop bon,
- en profiter pour grenouiller,
- continuer à stresser pour ta présentation si t'es toujours pas passé,
- sortir dîner avec d'autres gens, et se gaver parce que hein t'en avais pas mangé tant que ça des beignets
- en profiter pour grenouiller,
- aller à un open bar spécial conférence, où en plus c'est open poulet frit et même si t'as déjà mangé, ça a pas l'air mauvais,
- en profiter pour grenouiller,
- finir ses slides pour la présentation si t'es pas encore passé aujourd'hui,
- tenter de dormir malgré toute cette bouffe,
- itérer jusqu'à la fin de la conférence.

Après il faut dire que c'était une conférence à la Nouvelle-Orleans, ville qui aura droit à son propre billet, mais disons le ici déjà : c'est une ville particulièrement hédoniste -- et ce dans l'interprétation américaine -- et (=donc) portée sur la friture. En effet, dans le sud des Etats-Unis, tout se frit. Quand je dis tout, c'est vraiment TOUT. Le poulet, le poisson, la patate, l'oignon bien sur, mais également les pâtes, l'huître, la glace, et même du beurre*. Rien qu'en reparler là, je me sens pas très bien...

[trad: Beurre frit
Un peu de beurre congelé, entouré d'une pâte riche, frite par immersion dans un bain d'huile, saupoudrée de sucre et de canelle, et recouverte de chantilly. Et accompagnée de chips sucrées à la cannelle.
Si seulement, j'avais la force de bouger mon gros cul pour aller en chercher...]

Et notamment, j'ai pu, à une certaine occasion, goûter une viande particulièrement singulière, j'ai nommé l'alligator. J'ai même eu droit à un Gator-boy, c'est à dire un burger d'alligator. Était-il nécessaire de préciser qu'il fut frit ? Et à la première bouchée -- enfin passé le chuintement huileux du gras broyé entre les dents -- ce fut la révélation, l'épiphanie, l'apocalypse** : je comprenais enfin ce cliché américain du "tastes like chicken". En effet, l'alligator, ça a un gout de poulet. Mais vraiment ! C'est pas à peu près du poulet, c'est VRAIMENT du poulet. Bon quand on regarde la viande, on se dit que le poulet devait être sacrément malade, mais dans la bouche c'est kif-kif.

Et les américains ont en effet ce cliché que chaque viande qui sort un peu de l'ordinaire a un goût de poulet. Et cela leur vient simplement du fait que la viande de tortue, l'alligator, et pleins d'autres reptiles, qui sont très couramment servies dans le sud des Etats-Unis (c'est à dire de la Louisiane à la Floride), ont effectivement un goût de poulet.

Bien sûr on pensera à la référence Stargate, dans laquelle le Dr. Jackson goûte un met étrange sur une lointaine planète et... tastes like chicken. Mais, par un renversement sémantique intéressant, l'expression est devenue aujourd'hui une façon humoristique de dire que ce qu'on mange est étrange ou même pas très bon. Par exemple ici, dans un épisode de la série Stargate SG1, le Dr Jackson utilise cette expression pour faire de l'humour sur la qualité médiocre de la nourriture qu'il ingère, sachant que le spectateur averti rira surtout pour l'auto-référence qu'il fait ainsi à son personnage dans le film Stargate.

[trad: - On dirait du poulet - Et alors ? - C'est censé être des macaronis au fromage...]


Sinon, les huîtres frites... c'est peut-être un sacrilège mais c'est pas dégueu non plus...


* Oui c'est possible. Il suffit de refroidir la glace ou le beurre a des températures très basses. Cette vidéo vous montre comment faire de la glace frite: ils ne précisent pas la température du congélo, mais de ce qu'on m'a dit il faut vraiment pousser le congélo à fond.
** Dans son sens étymologique...

mercredi 23 février 2011

De l'Obsolescence Programmée

Il y a des jours comme ça...

Je vais encore une fois faire sortir ce blog de ses gonds et l'écarter de sa mission d'origine pour bassement verser dans le pamphlet. Je ne saurais le faire comme M. Victor Hugo, mais ça me permettra du moins de faire fuser -- fuir -- ici ma rage.

Go get them tiger!
[Tu vas te les faire!]

Ma journée a commencé par une injure à mon ordinateur. En fait non, elle avait commencé quelques minutes plus tôt avec mon radio-réveil réglé sur radio-yeeehaaah et sur une country endiablée mené par un violoniste fou et un banjoïste sous cocaïne -- le truc qui réveille ET et te fait fuir de la source du son donc de la chambre -- mais cela n'est pas important. La journée commença vraiment quand, encore imprégné du désagréable réveil sadomasochiste, j'allumai mon ordinateur. Ou plutôt devrais-je dire j'allumais mon ordinateur. En effet, on nous enseigne au collège que passé simple ne sied qu'à des évènements ponctuels et/ou achevés. Mais aujourd'hui mon ordinateur a décidé de mettre 15... minutes pour m'afficher ma page de login... puis 10 autres minutes pour booter la session. Il est 18h41, le PC est encore en train de vérifier s'il a un disque dur, donc rigoureusement, je dirai qu'il n'a pas encore fini de démarrer. Donc utilisons l'imparfait.

J'allumais mon ordinateur, qui pédalait déjà depuis 10 minutes, soit le temps de faire passer le café. J'échappai un "Mais qu'est que tu fais chier...". Là encore, je devrais utiliser l'imparfait -- l'action est certes ponctuelle mais répétée dans le temps, imparfait de répétition donc. J'échappais cela pendant les cinq minutes qui suivirent, alternant donc des injures vaines avec des injonctions tout aussi inutiles que viscérales. J'ai compris à l'affichage du login qu'il y avait un problème: mon mot de passe indiquait en effet

'******************************************************************' 
(pour ceux qui ne le connaissent pas :p c'est un brin trop long...)

et puis le doux son du chariot en butée c'est à dire quand on atteint la longueur maximum admissible du password (doumdoumdoumdoumdoumdoum de la banque de son système par défaut de windows) résonnait comme une réponse à ma tirade d'insultes. J'aime bien Aphex Twin et pourtant cette douce mélopée m'énervait tout aussi doucement. J'éteins donc les enceintes -- ça c'est bien avec un PC, tu peux toujours lui fermer la gueule "the hard way" -- néanmoins l'idée que le son soit toujours émis en fond m'énerve quand même. Je me maîtrise et cherche rationnellement la source du problème: une touche du clavier doit être enfoncée. Et pourtant non, pas de tasse de café, de cuillère, de livre de Dynamique d'Attitude des Vaisseaux Spatiaux qui traîne, le clavier est net.

Je prends le PC, le retourne, le secoue, contemple comme à chaque fois, la chute d'un incroyable microcosme dont c'était devenu l'univers observable, je repose. Je rallume les enceintes: 

doumdoumdoumdoumDOUMDOUMDOUMDOUMDOUMDOUMDOUMdoumdoumdoumdoum

"Oh putain, tu vas pas me les briser longtemps." Le pire, c'est qu'il est impossible de savoir quelle touche buggue puisque le mot de passe est caché! Vite fait, je reboote et passe en mode DOS, et là je m'aperçois que c'est le "L" qui pose problème. Hop là, la touche est arrachée -- avec violence bien sûr ainsi qu'un "ahah you are so fucked!" -- de son support, je souffle, je remet en place, rien que dale: le poids de la touche (1gramme?) est suffisant pour appuyer sur le capteur. Je vous parle donc aujourd'hui avec un pc sans L, ou plutôt sans touche: j'appuie à la place sur un bitonio transparent tout mou.

La touche L saturait mon PC, et ça le faisait démarrer comme une tortue. Mais en fait, je me suis rendu compte qu'il mettait tout de même bien 8min, en temps normal à complètement démarrer. Et puis, depuis cet incident, il s'est mis à me trouver plein de problèmes: disque dur manquant (ah bon et j'écris sur quoi là?), clavier qui prend un lag de 1 seconde sans raison de temps en temps, le mieux étant les alertes style "je vais exploser dans quelques minutes".

Mais bon, mon PC commence à être vieux, il est temps que je le change. Ce billet pourrait s'arrêter là, laissant au lecteur le soin de comprendre cette dernière phrase dans toute son ampleur, sa dimension, sa perversion! Surtout si le lecteur s'empresse de faire une petite recherche google sur le titre, mais je tiens à continuer mon pamphlet et en faire une démonstration auto-suffisante.

"Je suis un Super Ordinateur et je t'adore. Mais je te préviens: je canerai pour une raison stupide dans 2 ou 3 ans!"

En réalité, je vous le dis, ce PC n'a que deux ans et quelques. Il n'a jamais été (beaucoup) maltraité -- mais bon une petite taloche de temps en temps, ça ne peut que leur faire du bien ! Son disque dur fut reformaté par deux fois déjà, et deux fois cela n'eut aucun effet : ses performances continuent de se dégrader au cours du temps, il veillit vite, trop vite. Je ne demande pas un PC Benjamin Button, non, je demande un matériel dont la durée de vie corresponde à mes attentes et non à celles que l'on m'impose par la prétendue force des choses. Attendre des plombes le chargement d'une session parce que tel ou tel composant a des ratés, ça n'est pas normal. Avoir des plantages une fois sur deux quand je lui branche un écran externe parce que la carte graphique marche sur trois pattes depuis quelques mois, ça n'est pas normal. Non, messieurs les députés, hum pardon... cher lecteur, ça n'est pas normal car cela n'était pas avant et qu'à moins que la technologie n'eût régressé, j'attends aujourd'hui ad minima les mêmes performances que mon matériel informatique d'hier.

D'ici quelques mois, j'installerai Linux qui donnera une seconde vie à mon ordinateur, une paisible retraite si l'on veut. Mais un fait est indéniable, et ce problème de clavier lui fait écho: le matériel a vieilli en deux ans. Mais que s'était-il passé pour mon dernier portable DELL?

Il avait claqué subitement à cause de? de? d'un néon en panne dans l'écran. Plutôt gênant pour un ordinateur portable, et plutôt con comme panne car c'est franchement pas le composant le plus compliquée dans la bête. Et, chose singulière, remplacer le néon aurait coûté un bras. Alors qu'en réalité le néon vaut probablement 3 euros, la main d'oeuvre pour le remplacer 5 euros (avec plus-value!). C'est juste qu'étrangement ils n'ont pas les pièces, il faut qu'ils les fassent venir de Vénus, du fait main, roulé sous les aisselles,etc. . Déjà à l'époque, je me rappelle d'une pensée -- complètement paranoïaque bien entendu -- qui m'était venue... Un néon grille le plus souvent à cause d'un claquage électrique dans la cathode (ou l'anode), claquage qui peut, certes, intervenir à tout moment de la vie du néon mais est fortement corrélé à l'usure du-dit néon. Cela veut dire qu'une entreprise peut dimensionner la résistance de son néon pour qu'il claque, stastistiquement, après d'un temps bien déterminé. Disons 3 ans. Mais bien entendu, bien entendu, une telle entreprise dimensionnerait ainsi au rabais la durée de vie de son néon dans l'UNIQUE but de garantir des prix bien plus faibles à son client et pour mieux correspondre avec sa demande. Après tout un ordinateur est censé durer 3 ans non ? ...

Ohoh... mais... mais... mais c'est que ça commence à puer non ? Un néon à la con qui tombe en panne au bout de 3 ans, un clavier qu'a vraisemblablement claqué une durite après 2 ans... Que des pièces super simples... mais tellement intégrée à l'ordinateur portable que "Monsieur, la réparation sera plus coûteuse que d'acheter un ordinateur de la même puissance aujourd'hui." Mais... mais... mais oui ! Ça pue ! Serait-ce donc de l'obsolescence programmée ?

OMG cat est sous le choc de la révélation !

(Cher lecteur, une petite parenthèse "searchbot" spéciale dédicace à DELL, tu n'es pas obligé de lire ce qui suit, c'est un tantinet vulgaire. DELL IS BAD, DELL ARE THIEVES, I HATE DELL, BAD PRODUCTS, BAD COMPUTERS, SCREWED LAPTOP, SHIT, DELL STUDIO, DISAPPOINTED, FUCKED UP, I WILL NEVER BUY THIS SHIT AGAIN, ANGRY, FUCK DELL, I WAS ROBBED, DELL I SEE YOU, DARKLY DREAMING DELL, DELL LITTLE SECRETS, DON'T BUY DELL, DELL THIS PAGE IS IN FRENCH SO GIVE IT TO WHOM SPEAKS SOME FRENCH I'LL BE HAPPY TO DISCUSS IT WITH HIM/HER AFTER ALL I'LL SOON BE BUYING A LAPTOP.

Si vous avez compris mon objectif et que vous voulez contribuer à ce que le searchbot de Dell -- qui existe bel et bien ce n'est pas un mythe -- me trouve, allez sur Google, tapez "DELL Godet à Boulder" et cliquez sur le lien qui vous enverra à cette exacte page. Réitérez l'opération à votre convenance. Si vous êtes vraiment amusé par ce jeu, vous pouvez changer les mots que vous tapez dans Google en puisant les expressions dans la "parenthèse searchbot" précédente. Par exemple "DELL IS BAD Godet Boulder" ou même "DELL IS BAD Boulder" voire, dans quelques jours, uniquement "DELL IS BAD". Et si vous vous sentez solidaire du message qui va suivre, vous pouvez aussi poster un lien vers cette page (http://usgodzy.blogspot.com/2011/02/de-lobsolescence-programmee.html) quelque part (mais surtout pas de spam), envoyer le lien de ce billet à des amis, etc.)

Revenons à nos moutons. De l'obsolescence programmée. Ou comment vendre des produits sciemment construits pour ne plus fonctionner après un délai maîtrisé et voulu par le constructeur. Ou comment endiguer la crise des années 1930 et doper la croissance après 1950. Le pire c'est que les arguments pour cette stratégie ne sont pas tous mauvais... enfin de là à dire qu'ils sont bons, il y a un sacré pas que je n'ai pas la sottise de franchir. Mais surtout à l'heure où le modèle de croissance de l'économie mondiale se heurte à la raréfaction des ressources et l'amoncellement des déchets -- en un mot à la finitude de notre monde -- et dans un contexte de régression sociale on peut le dire sans ciller : ce concept c'est de la grosse merde en boite. Et (véritable) coïncidence cette fois, je trouve sur alt-tab.org (site tellement indispensable à la vie sur internet) aujourd'hui même cette vidéo que je vous invite à visionner en intégralité quand vous aurez 1h devant vous. Ce que je croyais être un simple artéfact de l'économie de marché et de la société de consommation se révèle être bien plus que ça...


Jusqu'ici l'informatique avait bénéficié de la Loi de Moore qui avait naturellement provoquée sa croissance. Cette loi avait vite été érigée comme argument marketing : après tout il fallait changer d'ordinateur tous les 3 ans, car sinon l'on disposait de moins du 1/4 de la puissance des nouvelles machines, et donc les nouveaux logiciels ne tournait pas très bien. De leur côté les éditeurs de logiciels n'avait du coup cure de faire des algorithmes performants, au pire dans 3 ans, tout allait tourner à merveille. Effet pervers certes, mais après tout c'était une obsolescence naturelle que l'on n'aurait pu contrer qu'en freinant le progrès -- position défendable mais que je ne défends pourtant pas... encore. Et puis on pouvait quand même garder un ordinateur longtemps: il ne tombait pas en panne, il était juste vieux, moche et il filait la teu-hon.

Mais la Loi de Moore et ses corollaires(mémoire vive, dure, carte graphique) connait des vacillements, notamment sur la puissance du processeur dont une augmentation ne serait plus nécessaire à grand chose. La barrière quantique serait atteinte d'ici 2019, au delà plus de densification des processeurs possible. On pourra alors faire plus gros, mais au contraire nous miniaturisons au possible. Il faudra donc véritablement innover sur l'architecture même d'un transistor, pour sortir de l'impasse. Mais, avant même cette barrière physique au calcul informatique, je pense qu'on ne sait plus vraiment quoi faire de la puissance de calcul dont nous disposons. Certes, on peut toujours demander davantage à un PC, mais quand celui-ci arrive maintenant à analyser une image haute-résolution, isoler certains éléments, la retoucher en fonction, cela en temps réel et l'envoyer par webcam, tout en lisant un film ultra-compressé et rendu au format HD et se permettre de faire tourner un defragmenteur de disque en tâche de fond... franchement de quoi a-t-on besoin ? Les jeux vidéos sont les plus gros demandeurs (grand public) de ressource, mais l'on constate que les consoles les plus récentes sur le marché datent de 5 ans et pas de nouvelles en vue! Les éditeurs de jeu font donc des efforts pour faire des jeux de plus en plus jolis, sophistiqués, et qui utilisent pourtant le même matériel. Et ils y arrivent! Preuve que cette inexorable course à la puissance que nous avaient expliqué ces éditeurs flemmards auparavant était en fait une vrai concerto pour flûtes et pipeaux. Et pour la première fois de ma vie, en regardant mon ordinateur je me dis "Je n'ai pas besoin de plus que ce que j'ai en ce moment: mon ordinateur a toute la puissance de calcul dont j'ai besoin..." Oui, l'informatique va évoluer, les applications vont devenir de plus en plus intuitives, interactives, mais pour cela il n'y a pas besoin du quart de la puissance nécessaire à Oblivion. Quand une véritable intelligence artificielle fera son apparition sur nos ordinateurs, là on se reposera la question de leur puissance de calcul. Mais pour l'instant... je n'ai pas besoin d'acheter un ordinateur plus puissant, tant que le mien marche.

Fort de ces réflexions, changeons de personnalité, ciao Victor, salut Emile:

J'ACCUSE
LETTRE A DELL

J'accuse DELL d'avoir introduit sciemment des pièces de mauvaise qualité dans ses ordinateurs. J'accuse DELL d'avoir introduit ces pièces dans l'unique but de programmer l'obsolescence de leurs produits, afin de créer une demande renouvelée tous les deux ou trois ans. J'accuse, enfin, DELL de faire tout leur possible pour rendre leurs pièces irremplaçables et leurs garanties commercialement prohibitives dans le but sournois d'empêcher tout alternative à un nouvel achat. J'accuse tous les autres, avec peut-être Apple en tête sur le plan hardware et Windows sur le plan software, de se livre au même jeu malsain.
Ce problème de clavier, chers arnaqueurs, était de trop. A ceux, ces fatalistes ou ces menteurs, qui scandent votre refrain, votre "ça arrive", je rétorquerai "Non ça ne devrait pas arriver." Ce n'est pas parce que vous nous y avez habitué que cela est du domaine du normal. Et que l'on ne se cache pas derrière la légalité du procédé. Car il y a bien les obsolescences programmées "illégales", que tout le monde montre du doigt, tel Epson qui mettait un compteur à certaines de ses imprimantes pour qu'elles cessent de fonctionner après un certain nombre d'impressions. Mais Epson a été condamné, forçant ainsi le jeu de la destruction planifiée à se jouer plus finement, dans l'ombre. La stratégie de Dell, et d'autres constructeurs d'ordinateurs, est de se cacher derrière sa sous-traitance, d'arguer la fiabilité de tout le reste et de proposer -- toujours ! -- des garanties supplémentaires dont -- coïncidence ? -- le prix monte en flèche et avoisine la moitié du PC quand on dépasse les trois ans. La stratégie de Windows, et d'autres designers de logiciels, consiste à sortir des O.S. pourris pour nous en vendre ensuite la mise à jour et le support. La stratégie d'Apple, je vous laisse la découvrir avec cet excellent sketch des Guignols.




Mais pourquoi fustiger l'industrie informatique alors que tout, jusqu'à notre ampoule électrique, est programmé pour mourir plus tôt. Raison de notre croissance, cette stratégie pernicieuse est devenue, réfléchissez-y, un cancer de notre société qui, dit-on !, cherche à économiser mais qui gaspille ainsi par tous les trous. C'est à vous messieurs les ingénieurs de ces entreprises, que je la crierai cette vérité, de toute la force de ma révolte d'honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous pensez n'y pouvoir que peu de choses. Mais à qui d'autre donc, dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n'est à vous, les premiers responsables de la qualité de vos produits ? Et avant de me taire, je vous poserai une ultime question : quand avez-vous donc cessé d'être des ingénieurs ?

Alternativement, si z'êtes pas convaincu, je peux aussi tenter ça :

Each time you sell a product that will become obsolete by design,
God kills a kitten.
Please, think about the kitten...


dimanche 6 février 2011

Partir un jour

Partir c'est mourir un peu.

Bigre, ce billet s'annonce gai et joyeux. Mais force est de constater que de nos jours, partir ça ne veut pas vraiment dire la même chose qu'autrefois. Si dans l'Ancien Temps, partir voulait dire avant-tout risquer sa vie sur les routes, galérer à l'arrivée pour faire son trou, et recevoir des nouvelles de son pays une fois par an et avec un mois de retard... aujourd'hui c'est effectivement bien différent.

Les dinosaures, c'était pourtant y'a pas si longtemps !!!
Et même sans parler de l'Ancien Temps... revenons juste vingt ans en arrière. Toute une vie à mes yeux, mais bien peu de chose finalement. A cette époque, rappelez-vous -- enfin ceux qui peuvent -- il n'y a pas internet, à part pour 42 geeks répartis sur la planète. A cette époque, il y a bien le télégraphe téléphone, mais les appels transatlantiques ne sont pas si pratiques. A cette époque, on a les informations par la télé et la radio, mais si on parle de l'autre bout du monde, ça n'est jamais que lorsqu'une catastrophe s'y est produite. Cette situation est passée, en l'espace de 10 ans peut-être -- de 1999 à 2009 dirons-nous -- d'établie à oubliée.

Il y a peu de temps, mon grand-père me disait que ça faisait vingt ans que l'on avait rien inventé. Je ne sais pas qui sont les experts qui défendent cette thèse, mais à mon avis, ils n'ont jamais touché à un ordinateur de leur vie. Et l'Internet doit encore être pour eux ce fruit défendu énigmatique dont tout le monde parle mais qu'ils savent n'être en réalité -- et ce de leur propre expertise innée des choses du monde -- qu'un repaire pour pervers, amateurs de chatroulette et pirates en tout genre qui sèment la désolation partout où ils passent.

Les gens qui lisent ce blog n'ont pas besoin que je trouve des arguments pour ridiculiser cette vision de l'engeance Internet et pour cause: ils lisent ce blog. Rare est l'argument qui par le seul fait d'être lu se démontre de lui-même. Mais rions tout de même un bon coup. Car que me permet Internet, en tant qu'expat' ? Tout ce que je faisais en France auparavant finalement.

Ecouter la radio, regarder la télé regarder les Guignols, lire les journaux -- qui a dit "et plus qu'avant" ?!. Côté info, le net nous sert à volonté, nous alerte-par-mail, nous tweet, nous rss, nous synchronise. D'ailleurs, chers journalistes du Monde, du Point, du Nouvel Obs, de Libé, etc. par pitié arrêtez de nous parler de la toute nouvelle révolution twitter. Ceux qui s'y connaissent rient des œillères que vous avez portées pendant facilement 2 ans et ceux qui ne connaissent pas ne lisent pas ce genre d'articles... Mais concernant ces moyens d'information, c'est finalement déjà comme ça que je m'informais en France. En 6 mois, j'ai bien changé certaines habitudes, automatisé mes recherches, ajoutés des favoris à firefox chrome. Mais ne les aurais-je pas changé même en étant resté en France ? Est-il possible que, déjà, le monde change plus vite que moi ?

"Hé bien... ceci... est une révolution..."
Et puis après toutes les actualités, il y a le miracle Skype. Ou Gtalk, no offense hein... Appeler gratuitement en visio les gens à qui ont tient, mine de rien, ça n'est justement pas rien. D'une certaine manière, ça entretient notre propre culture, ça rassure, ça permet de désactiver le traducteur automatique et de se créer une petite parenthèse française de temps à autre. Et de se rendre compte que la Terre est ronde -- ou alors que les mecs qui gèrent le soleil, et bah ils sont vachement bien organisés.

Malgré tout, certains sites internet s'obstinent à me montrer que je ne suis pas en France. Premier sur la liste: Deezer. Deezer, je te hais. Déjà que tu n'as pas grand chose, mais en plus tu m'empêches d'y avoir accès parce que je vis aux Etats-Unis. Et en plus t'as fait couler Jiwa, qui eux au moins avait eu les balls de se procurer les licences pour les vraies chansons des vrais groupes, par les reprises du genre Yukélélé-Synthé-Autotune.

Mais sinon... quand même... Internet ne remplace pas tout. Partir 6 mois, c'était comme partir en voyage. Partir pour au moins 3 ans, c'est une autre affaire. C'est ne pas dire "à bientôt" mais "au revoir". C'est ne pas faire de plans pour dans 6 mois, mais dire "bon, on garde contact surtout hein".

La technologie a beau avoir mis chaque point du globe à moins de 24h de n'importe quel autre, avoir réduit le temps d'information à quelques minutes et avoir permis des communications avec moins d'une seconde de décalage, il n'en demeure pas moins qu'être loin des yeux reste, encore et malgré et tout, être loin du coeur... quoiqu'on y fasse ni n'en dise. Jusqu'à la prochaine invention de Steve Jobs peut-être ?

- Wow, t'as la nouvelle appli "téléportation" de l'i-maison !
- Hé ouais... 3,90€ à l'Apple Store ! Viens, je faire un tour à Milan, j'ai besoin d'un nouveau pyjama...

jeudi 20 janvier 2011

Climat boulderate

Le néophyte peut s'étonner du climat du Colorado. Mais, in fine, dans une époque marquée par le dérèglement climatique, il fait ton sur ton. Quand nos ancêtres se risquaient à énoncer de tels affirmations comme "Après la pluie, vient le beau-temps" et la très controversée "Après le beau-temps, vient la pluie", le boulderate peut lui oser le "Ce matin, je suis en slip à ma fenêtre, cette aprem je me paumerai dans le blizzard.".

Les américains sont victimes de plein de clichés. On dit que c'est le pays de l'extrême, de la démesure: c'est exact... A commencer par leur climat. A Boulder je suis dans un climat semi-aride de montagne. Déjà pris séparément, ça fait pas forcément envie, mais quand tu les mets ensemble tu es sensé donc avoir des écarts jour-nuit assez mortels* et des écarts été-hiver à te ruiner ton salaire -- ou celui de tes parents généreux à Noël -- en fringues. Mais ce que l'on apprend, en venant au Colorado, c'est que le soleil n'a semble-t-il qu'un impact mineur sur le temps qu'il fait. Qu'il soit levé ou pas, bof... la température, c'est pas vraiment corrélé.

En effet, prenez les températures d'hier à aujourd'hui. Hier il faisait un bon 15° vers 15h. Puis le soleil se couche, et la température diminue, là c'est logique. Il faisait quand même 12° donc bon ça allait. Ce matin je me lève -- à 5h45 jet-lag oblige -- et j'ouvre mes fenêtres, admirant un magnifique lever de soleil sur les Fers à Repasser Plats. J'ai laissé mes fenêtres ouvertes toutes la matinée, et il faisait ma foi bien bon dehors. Et alors qu'on approche de la midi, le temps se fait maussade. Il est à présent midi et la température n'est plus que de 4°.

Je pars de chez moi vers 1h30, il fait -1°. Il commence à neiger quand j'arrive à l'Engineering Center. 45min de cours plus tard, il fait -4°, et il est encore 15h ! Et dehors c'est 20cm de neige au sol, un vrai blizzard, avec des chutes de neige dignes des meilleurs souvenirs -- que peut-être lecteur tu as toi aussi -- de ces journées de ski où tu ne sais même plus dans quel sens est la pente tellement tu vois RIEN et qu'y'a du vent ! MeteoBoulder avait prévu une température de 15° en ce moment : eh oui, eux leurs modèles partent de l'idée reçue que le soleil chauffe la Terre. Hypothèse valide partout et presque tout le temps, sauf à Boulder et ce presque toujours. Car, en ce moment, il fait -7°. Ouais... pas facile... Mais je ne doute pas que demain il fera 15°C dès 8h.

Heureusement, je m'étais bien couvert. Contrairement à certains étudiants -- jeunes et cons -- qui n'avaient qu'un t-shirt sur leur dos. La mortalité des étudiants au Colorado a d'ailleurs probablement explosé au moment même où je vous parle. Et moi d'éprouver une profonde satisfaction -- égoïste, inutile et profondément méchante, bref typique d'un chaotique mauvais -- à voir des hordes de Boulderates courir sous la neige en t-shirt, short et sandales-chaussettes. Mais après-tout, cela pourrait les vacciner à vie du combo sandales-chaussettes... enfin... s'ils arrivent chez eux en vie ET avec leurs pieds... mais dans tous les cas le problème devrait être réglé et c'est tout ce qui importe !

Chose amusante, la neige a paralysé Boulder ! Ou plutôt l'absence de visibilité... et je ne parle pas des voitures, mais des gens, et pas que des sandales-chaussettes. En effet, vivre à Boulder comporte un désavantage majeur : on ne repère plus rien si on ne voit plus les montagnes ! Repère intuitif des Boulderates, visibles de partout, indiquant toujours l'ouest, elles sont ici le GPS du pauvre : "après 100m allez vers les montagnes/ à la prochaine intersection laissez les montagnes à votre droite/ au rond point, prenez la sortie qui pointe vers les montagnes mais pas complètement". Résultat : plus de montagnes, on ne sait plus où on habite. Sur le chemin de la maison, on m'a sollicité à deux reprises pour donner des repères... pauvres Boulderates.

Mea culpa néanmoins, je n'ai pas de photos à vous présenter, je n'avais pas mon appareil sur moi, et il fait nuit désormais. Mais vous pouvez vous en faire une idée tout seuls : on se croirait dans une station de ski.

De mon côté, j'avais prévu d'acheter des surgelés, au moins, j'aurai pas besoin de me presser en rentrant ! En tout cas demain, j'essaye de faire ça devant chez moi :

Tellement con ? Tellement bon !


*Enfin, je dis ça mais à Vegas, ils ont 40° le jour, ... et 40° la nuit aussi alors bon...

vendredi 1 octobre 2010

What happens in Vegas...

... doit quand même être raconté.

Oui, ça fait fait 2 mois presque jour pour jour que je dois raconter ce périple, mais comme je vous l'ai dit, le temps d'écrire se trouve difficilement ces temps-ci. Revenons donc deux mois en arrière.

Après avoir sillonné le désert américain, nous sommes donc allé à Vegas... Autant vous dire que passer des paysages naturels, et préservés le plus plus possible de constructions humaines, à Las Vegas, Nevada, ah bah ça fait quelque chose !

Mais ce qui marque d'abord à Vegas, c'est la chaleur. Comptez 42° à 46° -- non c'est pas des Fahrenheit -- le jour, et à l'ombre. Pendant la première partie de notre voyage, on s'était pas mal plaint du temps. C'est vrai que des fois, il pleuvait tellement sur la route qu'on se contentait de voguer à 10 à l'heure, toute voile ferlée, le gouvernail en relâche. Bah oui, quand tu sens après deux virages que ta trajectoire ne suit qu'approximativement l'orientation de tes roues, tu ralentis. Et puis il faisait froid, mais ça c'est aussi parce qu'on est en altitude : quand le soleil n'est pas là, on sent vite le besoin de mettre un pull. C'est pour ça qu'en se dirigeant vers Vegas, déjà ça puait : le thermomètre montait de 1° F par cinq minutes de route. Nous sommes donc vite passés de 20°C à 45°C. Enfin, on était toujours à 23° dans la voiture. C'est juste qu'on voulait plus sortir en fait. On quand on le faisait on hurlait, on courait sur 10m pour prendre une photo (genre le Hoover Dam, au hasard) et on se rentrait vite fait dans la voiture.

Heureusement Las Vegas ça se raffraichit beaucoup la nuit avec... 38°. Celsisus. Autant dire que sans climatisation, y'a plus qu'à se trouver une corde et une bonne poutre. Devant la chaleur torride, une seule solution, s'engouffrer dans un casino, car rester sur le strip est une souffrance de chaque seconde. Une fois pénétré dans le casino... tant qu'on y est autant prendre un cocktail et claquer de l'argent non ? Avant toute autre stratégie marketing, je pense sérieusement que la clim' est le premier et meilleur argument de vente et pousse-à-dépenser des casinos. Enfin... ils en aussi ont pas mal d'autres !

Une rue typiquement parisienne : l'Opéra et l'Arc de Triomphe côte à côte.
Y'a même des travaux et des échafaudages, comme quoi ils poussent loin le réalisme !

Parce que les casinos de Las Vegas sont d'ailleurs absolument renversant. Bon d'accord tout le monde le dit. Et puis on sait qu'y a une pyramide et un sphinx, une Tour Eiffel à l'échelle 1/2. Certes, mais on imagine pas ce qu'il y a DANS les casinos. Du marbre, des tapis, des sculptures, des jardins, des fontaines,... partout partout partout. Dans Paris Las Vegas, on se promène dans des rues parisiennes pavées (malheureusement, et surement plus pour des raisons de poids qu'autre chose, les pavés sont en toc). Au Venetian, le premier étage peut se traverser en gondole dans les canaux ! Pas étonnant que les galeries commerciales des casinos soient les plus rentables du monde. Car il faut imaginer tout ça rempli de magasins, entre le franchement luxe de Lancel et les relativement cheap H&M sur des centaines de mètres de long, et des dizaines de mètre de large parfois. On y trouve aussi des places publiques en intérieur avec des fontaines du genre de la Piazza Navona, les terrasses des restaurants et des bars autour, et au-dessus de nous un faux ciel qui s'assombrit pendant la nuit. On est pas encore à Poudlard, mais ça en jette quand même !

Ça par exemple c'est un couloir typique du Caesar Palace.

Chaque nouveau casino visité montre comment il arrive à surenchérir sur les autres. C'est incroyable ! Le plus miteux des casinos de Vegas, on le met en France, bah on serait déjà baba devant. D'autant que le mauvais goût, s'il est présent par cette démesure, est largement compensé par un très impressionnant souci des détails. Bref, si vous allez à Vegas, ne vous inquiétez pas : à vous promener dans les casinos, sans dépenser le moindre centime vous occuperez bien deux ou trois jours, et vous vous en mettrez plein les mirettes. Nous, de notre côté, étions logés au César Palace. Et, boulette d'enregistrement oblige, ils nous ont fait poireauter une heure avant de nous donner une chambre. Pour nous dédommager de cette inconvenance ils nous ont donc surclassé. C'est à dire qu'on avait une suite deux fois plus grande que mon appart' (oui ça nous porte autour de 90m²), la salle de bain plus grande que mon salon. Mais surtout, les fenêtres donnaient directement sur le bassin du Bellagio et ses ballets aquatiques quotidiens ainsi que sur la Tour Eiffel et l'Opéra Garnier. Installés dans des fauteuils style empire, on aurait pu passer toutes les soirées là.

Vue sur le Strip depuis notre suite... ouais... ça claque.


 Admirez la concentration du joueur confirmé... Ça s'improvise pas la machine à sous !


Mais bon, in fine, Las Vegas, après 3 jours... 'tain ça saoule ! Et pas qu'au sens figuré... xD

jeudi 30 septembre 2010

French Touch

Beaucoup m'interpellent ces temps-ci. Apparemment vous lisiez ce blog avec attention ! Et cela fait chaud au coeur quand vous me demandez de continuer à écrire. Je vous remercie pour cela. Mais maintenant, je vais vous expliquer le pourquoi de ce silence.

funny pictures of cats with captions
Unrelated Picture

Non, cette image n'a effectivement rien à voir avec ce billet. Mais je la trouvais marrante.

Eh bien la raison du silence c'est tout simplement parce que, à Boulder, "français" ça se dit "awesome" [génial]. En effet, à chaque fois que je me présente, et que je dis donc "I'm french" à un moment où à un autre, ils/elles s'exclament "Wow, awesome!". Comme quoi on apprends des mots tous les jours ! Les autres Européens ne sont pas en reste, notamment les Espagnols et les Italiens, mais ils n'ont pas pour autant le droit à "awesome".

Vous savez que j'ai une certaine tendance à exagérer. C'est vrai : parfois ce n'est pas "awesome !", c'est "soooooooo cool !". Et il faut dire que la gente féminine a tendance à se montrer très girly en présence d'un français. J'ai eu droit récemment ah "No, for real ?! Oh you're kidding me ! FOR REAL ?!" [Non, pour de vrai ? Tu déconnes là ! POUR DE VRAI ?!]. Faut dire qu'une américaine déjà girly et en plus bourrée, c'est impressionnant à voir.

Mais mettez-vous dans la situation suivante... vous arrivez à une fête, où vous connaissez personne ou presque. On vous demande de vous présenter, et après 5 minutes, y'a une grappe de gens autour de vous à vous dire "that's awesome !" en boucle quand vous parlez de Paris et Toulouse (l'alcool aide beaucoup pour le côté "en boucle", je dois le reconnaitre). Et si tu te mets à leur sortir une liste de courses en français, ils sont époustouflés. Comme si tu leur avais lu du Baudelaire. Illustration de la situation :

- Hi buddy... what's the name and where are you from ?
 

- Hi, I'm Simon. I'm French.
:)

Bon certes, l'image n'est pas réaliste. En effet, ils sont bien plus démonstratifs que ça. Ainsi, je comprends le français moyen qui arrivant ici croit avoir trouver le paradis puisque tout le monde le trouve génial alors qu'il a à peine dit deux phrases. Et ça fait que du coup, les Français ici sont invités à beaucoup de soirées. En fait il est rare que nous n'ayons pas plusieurs fêtes en même temps les vendredis et samedis soir. Mais c'est aussi parce que la vie universitaire américaine est beaucoup plus animée qu'en France.. alors même pourtant qu'ils sortent très peu de chez eux sinon ! Un samedi soir, dans le centre de Boulder c'est en effet mort de chez mort. Cela fait partie de ces petits traits caractéristiques assez difficiles à comprendre de la société américaine, qu'en tant que français on peut penser comme étant contradictoires... voire hypocrites. Mais qui en fait est profondément logique et très naturel pour eux. On aura l'occasion d'en reparler.

Entre Frenchies, on est pétés de rire devant cette réputation que possède la France, on la joue "hard-to-get" à mort, et on s'étonne toujours de cette aimantation qu'exerce la langue française sur les Boulderates. Certes, les américains pensent, de façon assez générale apparemment, que la langue française est géniale. Je ne sais pas trop pourquoi, mais bon, ils adorent. Mais en plus, le Boulderate, avec son côté gaucho et écolo, il voit la France comme le pays du bonheur. Pas de frais d'université (enfin epsilon), pas de frais médicaux (ou presque), une énergie relativement propre. Ils adorent. Quand tu leur dis qu'on paye des impôts -- nous -- ils sont moins jouasses... mais disent qu'ils seraient prêt à les payer pour avoir de tels avantages !

Les Boulderates, ils aiment bien ce côté french dressing d'Obama ((c) Maksim-ThePeoplesCube)
[Un goût qui fait tellement socialisme à l'européenne que vous jureriez vivre à Paris]
[French Dressing = "Accompagnement/Sauce Français(e)" = vinaigrette]


Toujours est-il que, comme c'était mort cet été, j'ai du me faire plein de contacts différents dans Boulder pour conserver un semblant de vie sociale. Maintenant que l'université accueille de nouveaux ses 20 000 étudiants, tous ces contacts s'organisent des soirées bières, des fêtes, etc. Et ça prend beaucoup de temps. Donc ne vous inquiétez pas, je continue à écrire sur ce blog, mais je ne pourrai pas conserver le rythme d'antan.

M'enfin promis vous aurez un autre billet avant la fin de semaine. ;)

lundi 6 septembre 2010

De Americana Urbanitate 1

(trad : du savoir-vivre américain)

Dans cette série de billets, nous allons traiter de l'urbanité américaine, parce que ça aussi c'est un choc culturel. En effet, la plupart du temps les Américains sont des gens très polis et respectueux... et des fois, on a envie de les étrangler dans leur rustrerie. Et attention, je ne parle pas de mélanger les bières ou les vins, de ne pas comprendre qu'un babybel, c'est ptetre bon mais c'est pas du fromage, non. Je parle d'impolitesse brute et violente qui te donne envie, après qu'on te l'ai fait quelque fois de sortir le fusil 1942 de Brian.


Chapitre 1 : Bonjour

Oui, on commence par là. "Dis bonjour au monsieur, dis bonjour à la dame". En France, normalement quand on rencontre quelqu'un on lui dit bonjour. Si c'est quelqu'un de notre âge ou plus jeune, on peut se permettre un salut. Si on veut mettre plus de formes, on peut également dire "Bonjour Monsieur/Madame/Mademoiselle". Si on n'a aucune éducation mais qu'on veut draguer on dit quand même "Hey Mademoiselle" avant de dire "file ton 06". Bref, tout un chacun a connaissance de la notion élémentaire du salut avant d'engager une conversation.



Ici, ce n'est pas le cas.

"Hi" s'emploie bien évidemment très souvent, mais ne pas le dire se fait également. Ce n'est pas grave, car c'est alors remplacé par "What's up ?" ou affilié. Et d'ailleurs quand on se voit entre amis en France, on peut avoir également tendance à entamer tout de suite par un "Ça va ?". Mais bon, on le fait entre amis, ou alors dans des contextes sociaux particuliers genre soirée, ou de toute façon "bonjour" est dit par le demi-gramme d'alcool que nous partageons. Il ne me viendrait pas à l'idée de dire à une caissière de supermarché comme phrase d'ouverture "Ça boume ?". Mais après tout, ça c'est juste parce que les américains considèrent n'importe qui comme leur meilleur pote. C'est agaçant quand on est pas habitué, mais bon on s'y fait très bien.

Le problème c'est qu'ils ont aussi l'habitude de ne carrément rien dire. Dernier exemple en date... vendredi on toque à la porte de notre open-space. Je vais ouvrir, armé d'un sourire colgate. Un gars se tient devant moi et il me balance "Is Dave here ?". Mon sourire de vendeur de voiture s'estompe et je réponds "Hi !" de façon volontairement appuyée et avec un beau "h" aspiré. En Sarkozie -- pardon en France -- il n'y a qu'une seule réponse dans ce cas : "Pardon, bonjour, oui excusez-moi, désolé." Et attendre que l'autre esquisse un sourire indulgent et réponde à la question. Allez, on l'a tous fait au moins une fois, surtout quand on est pressé. Bon, là j'ai eu le droit à un deuxième "Is Dave here ?". Donc du coup, j'ai dit "No" alors qu'en fait il était là, et qu'il avait juste ses écouteurs sur les oreilles. Une sorte d'acte de vengeance, petit et gratuit mais jouissif.

Ce mec est-il un gros rustre ? Probablement. Mais il n'est pas impossible que personne ne le lui ait jamais dit ! Parce qu'ici tout le monde s'en fout royalement. Dire bonjour n'est pas important. Être poli n'est nécessaire qu'en conditions très formelles. Ainsi, dans l'open space, des gens peuvent rentrer et s'installer sans dire le moindre mot aux gens qui sont dans le bureau. Sauf les potes ! Qui viennent dire bonjour ! Mais les autres, ils font leurs autistes. Imaginez donc un mec qui rentre dans un open space, passe devant tous les autres sans rien dire, se pose à son PC et y reste jusqu'à midi avant de se barrer. Oui un autiste. Ou un gros rustre.

Bon c'est sûr que si on était dans ce cas, je lui jetterais pas la pierre au pauvre garçon !
Mais on n'est guère que 7 dans le bureau...

Maintenant, je conçois que l'habitude française, qui consiste à arriver au boulot à 9h pour prendre son café pendant 30min avec les collègues, puisse paraitre un brin excessive. Souvent les gens prétextent que du coup on bosse pas : c'est vrai. Enfin, en même temps, ici à l'université ils font du 9h-16h tous les jours donc bon... Et puis ne serait-ce que faire un salut de la main en disant "Hey" à 6 personnes dans la journée, c'est quand même pas la mort !!!

Bien sûr la même chose se passe pour "Au revoir". Ton voisin soudain se lève, zip son sac, et se barre. Non il revient pas, il s'est barré, c'est tout. Pour peu que tu aies eu tes écouteurs sur la tête, tu te rends soudain compte que tout le monde s'est barré depuis 2h : en effet, on est vendredi et il est 15h...

vendredi 27 août 2010

Take it, hold it, love it

J'ai déjà mentionné l'ami Brian. Je crois que c'est le premier Américain que je rencontre. Que l'on s'entende bien, techniquement je connais déjà plein d'Américains et d'Américaines. Mais bon, ils vont au boulot en bus ou en vélo, conduisent des voitures de moins de 6m de long, trouvent qu'Obama est trop à droite, étaient contre la guerre en Irak (qu'ils savent placer sur une carte), trient leurs déchets et ne mettent la clim qu'en cas d'extrême nécessité. Et puis ils sont contre la possession d'armes à feu, ou alors pour la réguler vachement plus que maintenant.

Brian suivrait presque ce modèle... si seulement il n'était pas fan des armes à feu. J'ai donc profité d'une soirée bières pour faire mon éducation sur les armes à feu. Eh oui, les jeux vidéos ça suffit pas à tout comprendre dans ce domaine. Il faut un peu pratiquer.

J'ai donc eu droit à une présentation en règle de tous ses fusils. Il a commencé avec un Mauser 98K 1942, qui est toujours sous son lit. Eh oui, au cas où quelqu'un vient le voler ou l'assassiner. Je vous l'ai dit : il est Américain. Le genre de fusil qu'est le Mauser 1942 est encore un truc que j'arrive à envisager comme arme "personnelle": il n'y a guère que 5 balles, et bon ça peut passer pour une arme de chasse. C'est un fusil de guerre en fait, et ça perce a peu près n'importe quel gilet civil, et bien sûr toutes les petites têtes des enfants qui se trouverait alors dans le feu croisé mais bon...

Das Mauser 98K
On dirait un jouet. Et bah c'est qu'une impression.

Alors bien sûr, règle n°1, la sécurité. Ne jamais manipuler une arme chargée. Sauf pour faire sauter le caisson du voisin bourré qui se trompe de maison, mais ça c'est autre chose... Donc il a vidé les balles du fusil, en me montrant comment faire : c'est marrant c'est comme dans les jeux vidéos, tu recules en tournant la culasse et hop ça saute. Hum... Bref. Et il m'a dit que, bien sûr, il faut aussi que je vérifie moi-même toutes les armes qu'il me donne. Et comme je ne sais pas manipuler une arme, il n'est pas question que j'en touche une qui soit chargée. Déjà, ça j'en étais convaincu, mais c'est bien on était deux sur le coup ! C'est vrai qu'un fusil c'est quand même super lourd. Ne serait-ce qu'à m'imaginer crapahuter dans la boue, la neige, en portant ce machin à bout de bras, j'étais exténué. Donc j'ai appris à le porter correctement, à viser, à enclencher la sécurité ou non, à armer, à tirer, à éjecter la douille, mais toujours sans vraie balle. Bref, c'est bon, maintenant je peux tuer un ami qui veut me faire une surprise.

On est censé se sentir puissant avec une arme dans les mains, "dit-on". Pour ma part, je me trouvais essentiellement très mal à l'aise : j'avais peur du machin que je tenais dans les mains, même si j'étais sûr à 99,99999% qu'il n'y avait aucun danger. Donc moi quand je faisais mes exercices, je visais quand même son lit histoire d'amortir au cas où une balle se serait "quantiquement" glissée dans la chambre. Sur ce, règle n°2 de Brian : toujours respecter le bestiau, toujours imaginer qu'il est chargé. Je dois reconnaitre que Brian place la sécurité avant toute chose... enfin quand même après le fait de posséder 4 ou 5 flingues différents chez soi.

Ensuite j'ai vu ses 3 autres fusils, je sais plus lesquels c'était. Mais c'était pas les même balles, et puis certaines étaient à pointes creuses, d'autres anti-blindage, je m'attendais presque à voir la boite à grenades d'une minute à l'autre. Pense-t-il sérieusement qu'il va peut-être subir l'assaut d'une infanterie mécanisée blindée au point qu'il lui soit utile de prendre ce genre de munition ? Non, mais cela correspond à une peur primaire américaine : bon, on a tous nos dissonances cognitives hein...

Et puis, on a arrêté les fusils, on est passé au shotgun. Alors, j'avoue, ça c'est marrant. Bon, il y a toujours cette sensation bizarre qu'on touche quelque chose d'interdit (certes pas ici) et de vraiment très dangereux. Mais le sourire débile qu'on affiche, quand on entend le "shrik-shrik" en armant, compense de loin. Bien sûr moi j'armais avec la main gauche, en tenant la crosse avec la droite : ça c'est le mode classique,"by-the-book" [trad : comme dans le manuel], car tu peux toujours essayer le mode Terminator 1, en secouant de haut en bas une fois en le tenant par la garde (le truc qui bouge). Et y'a le mode expert, donc Terminator 2, ou tu laisses légèrement tomber ou au contraire tu l'envoies vers le haut, et puis tu fais tourner à la verticale en tenant toujours par la crosse. Tout dépend de la façon dont le mécanisme fonctionne (vers soi ou le contraire).

Souvenirs, souvenirs... de l'époque ou j'étais anti-terroriste du GIGN ou terroriste colombien.
J'adorais le shotgun (dit couramment "le 2-1").


Dans une semaine, on devrait aller au stand de tir. Fred insiste pour que j'aille tirer sur des cibles. C'est peut-être l'unique occasion que j'aurai dans ma vie de tirer avec des armes à feu donc autant en faire l'expérience. Et puis ce sera toujours une bonne préparation pour l'éventuelle invasion de zombies post-2012 !

To be continued, then.
[trad : à suivre]

mardi 24 août 2010

La phrase mythique

Déjà excusez-moi pour le goutte à goutte de ces billets ces temps-ci, mais entre les CV, le boulot, la rentrée et les disons "à-côtés" y'a pas des masses de temps. Mais contons donc à présent une nouvelle épopée du sieur Godet au Nouveau-Monde. Cette épopée s'intitule la quête de la phrase mythique. Attention je vois un peu trop de Kaamelott en ce moment, ça déteint peut-être un poil sur le billet...

Tout commence avec une bière. Pas dégueue, typique du Colorado, une jolie brune sans mousse -- comme toutes les bières ici, à se demander s'ils ont jamais pensé à mettre des bulles ailleurs que dans du Coca -- avec un petit goût de caramel sympathique... Le genre de bière qu'on en boit pas qu'une, sinon on est triste. La bière n'est pas tellement le sujet de cette quête, mais c'est elle qui va faire basculer une simple opération piscine-soleil-bières en aventure extraordinaire. Il me fallait l'introduire.

Piscine-soleil-bières, c'était donc le plan de dimanche après-midi. En effet, le seigneur Mac, dit "Le Chevalier à la Casquette" est venu me chercher sur son fringant destrier -- c'est à dire dans une chevrolet genre 406 -- pour qu'on aille gentiment se miner le tronc chez seigneur Fred, dit "Le Chevalier Brésilien". En effet, Fred le Brésilien, possède un magnifique château au sud de Boulder, dans le plus pur style américain : doit y'avoir 500 baraques dans ce machin et elles sont toutes RIGOUREUSEMENT identiques : dans le genre gestion de process et réduction des coûts, les mecs on voit qu'ils ont bossé leurs cours ! M'enfin si t'es bourré, bonjour le drame. Besoin de faire 500 baraques avant de pouvoir pioncer... Surtout que si t'as un appart qu'est au premier étage de ces maisons, tu peux facilement te gravir tes 1500m dans la soirée ! En même temps, boire de l'alcool c'est mal ! Donc bon... Et puis comme c'est au milieu de rien tu rentres forcément en bagnole -- enfin à moins de vouloir en plus te la jouer survivor sur 25 miles -- c'est une sorte de mesure anti-alcoolisme à l'américaine.

Mais du coup, comme y'a rien autour, y'a de la place dedans ! Et donc les promoteurs, ils t'ont construit une piscine bien sympatoche au milieu de ces "condominiums" (marrant qu'ils aient gardé l'appellation latine ces Américains quand même ! Et dommage qu'ils aient zappé la déclinaison, d'habitude ils les respectent).

Des condos typiques du Colorado.
C'est joli, mais sans voiture, heureusement qu'y pas de poutres apparentes !

Le plan initialement c'était barbecue-piscine-soleil-bières. Le barbecue a vite été torché. Littéralement vu que les tuyaux d'alimentation de gaz étaient mal vissées et que ça fuyait le butane à plein régime. Donc bon, nous, pas dingues, on a juste cuit un ou deux bœufs et cinq cochons -- histoire d'avoir un apéro décent -- et puis on a appelé un responsable pour qu'il s'occupe de mourir à notre place en tripotant le machin. Après, on est allé à la piscine et on l'a joué Perceval et Caradoc, dans l'eau jusqu'au torse. Nous étions bien d'ailleurs plus nombreux que ces deux compères ! Parce qu'outre le seigneur Mac et le seigneur Fred, y'avait le seigneur Boris dit "Le Chevalier au Yaourt"*, le chevalier Brian dit ... gardons ça pour plus tard et enfin la dame Grace, damoiselle du Chevalier à la Casquette.

Depuis que je connais ces larrons, j'attends avec impatience de pouvoir exécuter un plan machiavélique et libérateur. Nous sommes alors chez Fred. Comme nous finissons nos bières, Brian s'éclipse, pour en chercher d'autres au frigo... D'un trait je m'approche de Fred, et lui pose la question... Mais non je l'ai pas demandé en mariage ! Enfin bon Fred répond par une syntaxe inappropriée, ça n'a pas marché. Un autre espoir ? Mac va encore me répondre avec 4 mots d'argot**, ça marchera pas, et Grace est introuvable. Mais il reste Boris, qui a bien vu où Brian s'éclipsait. Et je peux alors m'exclamer de nouveau :
- Boris, where is Brian ?
Et là, littéralement, le Graal, sans aucune déformation :
- Hm, Brian is in the kitchen.

BAM !!! Nailed it ! Ahah who's your daddy ?!

You did it man !

Il m'a fallu toute ma contenance pour ne pas hurler de joie et mettre un terme à ma vie sociale boulderate. Déjà que j'avais posé la question de façon extatique... J'ai donc simplement profité de l'occasion pour finir la bière, faire un petit clin d'œil à la caméra, saluer le retour de Brian, désormais dit le "Chevalier dans La Cuisine", et faire marcher à nouveau le décapsuleur.



* il est bulgare... ... ... désolé...
** la dernière expression américaine en date qu'il m'a apprise : "I'm out like a boner in sweatpants". Ça veut juste dire qu'on sort, avec enthousiasme ou énergie, bref on sort et on le montre. Pour vous figurer l'image (warning, c'est pas fin)... des sweatpants, c'est un pantalon de jogging. Un boner, c'est une érection. Ouais... quand il l'a dite j'étais écroulé !

dimanche 15 août 2010

Et ça repart !

"Et bien me voilà !"

Retour d'un road-trip de vacances qui se voulait reposant et qui se révéla éreintant. Ces dix jours ont été de forts moments d'émotions. A l'assaut du sud-ouest américain, on réalise vraiment combien les Etats-Unis sont un pays définitivement "exotique".

Notre petit trip de 10j (l'itinéraire est ici)

Entre la démesure de la nature et celle de l'être humain -- la seconde probablement façonnée par la première -- il est difficile de résumer ces expériences sur un blog. Ou plutôt, je ne sais pas le faire. Je ne développerai donc pas longtemps paragraphes sur paragraphes à conter les paysages. Je me contenterai de laisser quelques photos, dont je placerai le lien ici, dès que je les aurais "picasées". Et encore... les photos ont -- pour l'instant encore -- le défaut d'être en 2D, et le Grand Canyon y parait une sorte de petite fa-faille tout mignonne gentiment dessinée sur le plateau du Colorado. On n'arrive pas à voir les 20 kilomètres qui nous séparent de l'autre rive, ni les 2 km de dénivelé jusqu'au fleuve. Ni les 75km de distance de terre qui nous séparent des collines que l'on devinent au loin, et qui ne s'impriment pas sur l'argentique numérique de nos appareils photos, incomparable à nos yeux.

Mais pour vous dire ce que l'on ressent devant les paysages américains... Généralement, chaque fois que l'on passe une colline on balance une exclamation ou un juron. "La vache !", "Tudiou" ou "Sa mère" pour les plus polis d'entre eux. Et finalement, l'impression se résume souvent par "Devant, ça a l'air loin". Et ça l'est. Pourtant la rotondité de la Terre est la même partout*, et nous aussi on a des montagnes. A Toulouse, on les voit bien les Pyrénées, alors ? Je ne sais pas... Ça n'a rien à voir, c'est tout. Peut-être le fait que ces paysages soit nus, dépourvus de toute construction humaine -- à part bien sûr ces énormes poteaux électriques qui n'auraient pas fait long feu eût-on disposé d'une hache sous la main. Mais bon, poteaux ou pas, cela en met plein les yeux.

Ou plutôt "Ce n'est pas tant que ça t'en mette plein les yeux, c'est que ça t'en met plein l'âme".


Photographie de 1909 retrouvée par hasard au Grand Canyon
La première promotion de Supaéro s'était alors invitée au Colorado


* le premier qui me sort que ce n'est qu'une approximation, il prend une baffe.